Sohey Iwata
Diplômé du Kanazawa College of Art, Sohey Iwata fait ses preuves auprès du maître Reiichi Tuchiya. En 2003, le Grand Prix du Musée Royal Ueno lui est décerné. Depuis, il occupe sur la scène artistique japonaise une place importante. Bien que son temps et son énergie soient entièrement consacrés à la création, ses œuvres demeurent rares, tant par leur technicité que par l’approche originale qu’elles proposent.
Iwata utilise la méthode Tarashikomi, consistant à appliquer une deuxième couche de peinture ou d’encre sur une première qui n’est pas encore sèche. Cette technique a été popularisée au 17ème siècle par le peintre Tawaraya Sōtatsu, une figure majeure de l’école Rinpa. Elle permet de créer un effet aléatoire, notamment des textures, pour représenter les éléments végétaux ou minéraux dans les paysages. Chez Iwata, le corps et le geste sont totalement impliqués dans la création de l’œuvre. L’artiste considère que les forces de la nature et des paysages sont incarnées par un ensemble d’esprits et de divinités shintoïstes appelées « kami ». Cette manière d’appréhender la matière reprend l’idée que l’existence de tout être est liée et s’inscrit dans un cosmos où chaque entité a sa place. L’œuvre est donc créée par une collaboration entre la nature divine et « le soi » provenant de l’humain.
Iwata semble vouloir en intégrer la simplicité de l’acte de vivre et sa fragilité. Ainsi, ses œuvres déploient de larges arrangements floraux, gages d’une grâce pénétrante. Ses toiles sont connues pour l’esquisse vaporeuse qui se déploie sur de larges formats et pour leurs beautés évidentes. Il s’emploie à peindre cette nature si curieuse qui lui permet de s’exprimer sans mensonge à travers la pointe de son pinceau.